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Marocains : titre de séjour et accord franco-marocain

Signé en 1987, un accord franco-marocain règle le titre « salarié » des Marocains et ouvre la carte de dix ans après trois ans. Pour le reste, le CESEDA s'applique : étudiant, talent, famille, changement de statut.

5 octobre 20268 min de lecture

Vous êtes marocain et vous travaillez, étudiez ou cherchez un emploi en France ? Un accord bilatéral de 1987 change quelques règles importantes, surtout pour les salariés. Le reste suit le droit commun. Un avocat vérifie votre dossier en 20 minutes sur Avocat20min.fr.

Un accord franco-marocain court et ciblé

Cet accord franco-marocain date du 9 octobre 1987, en matière de séjour et d'emploi. Il compte seulement dix articles et vise surtout le travail salarié.

Son article 9 pose la règle clé. Le droit français s'applique à tous les points que l'accord ne traite pas. Ainsi, le CESEDA, le code des étrangers, régit la plupart des titres des Marocains.

Le même article contient une clause d'égalité. Si la France accorde à d'autres étrangers des titres plus longs, les Marocains en profitent aussi, hors régime européen.

Accord franco-marocain ou CESEDA : le partage

Le tableau suivant résume qui décide.

Situation Texte applicable Ce qu'il faut retenir
Emploi salarié d'un an ou plus Accord, article 3 Titre « salarié » d'un an, contrat visé
Carte de dix ans d'un salarié Accord, article 3 Possible après trois ans de séjour continu
Famille d'un salarié Accord, articles 5 à 7 Accès à l'emploi sans situation de l'emploi
Étudiant, stagiaire, visiteur CESEDA Conditions du droit commun
Talent, entrepreneur, recherche d'emploi CESEDA Conditions du droit commun
Vie privée et familiale CESEDA Conditions du droit commun

Par ailleurs, la procédure reste celle du CESEDA. Le Conseil d'État l'a confirmé le 5 avril 2023 pour l'exigence du visa de long séjour.

La carte « salarié » de l'article 3

L'article 3 vise le Marocain qui veut occuper un emploi salarié d'au moins un an. Après la visite médicale, il présente un contrat visé par les autorités. Il reçoit alors un titre « salarié » d'un an, renouvelable.

Le visa du contrat correspond aujourd'hui à l'autorisation de travail, demandée par l'employeur sur l'ANEF. Le code du travail s'applique donc à cette demande. L'administration peut ainsi vous opposer la situation de l'emploi, sauf métier en tension.

Attention au contrat court. Un contrat de moins d'un an sort de l'article 3. Il mène alors à la carte « travailleur temporaire » du CESEDA.

Après la première année, la carte pluriannuelle du droit commun reste en principe accessible, faute de règle contraire dans l'accord. La pratique varie toutefois selon les préfectures.

Carte de résident : trois ans au lieu de cinq

Cet accord franco-marocain offre un vrai raccourci aux salariés. Après trois ans de séjour continu en France, ils peuvent obtenir un titre de dix ans. Le préfet statue selon leurs conditions d'activité et leurs moyens d'existence.

Le droit commun exige, lui, cinq ans de séjour, le niveau B1 et un examen civique. Notre article sur la carte de résident de 10 ans détaille ce régime.

Quelques précautions s'imposent :

  • Le raccourci vise les salariés de l'article 3. Les autres titulaires passent par le droit commun.
  • La continuité du séjour compte : de longues absences peuvent la rompre.
  • Le préfet garde une marge : des revenus faibles ou un emploi instable peuvent justifier un refus.

Certaines préfectures appliquent d'office le délai de cinq ans. Rappelez alors l'article 3 dans votre demande.

Changement de statut : de l'étudiant au salarié

Le changement de statut d'un étudiant marocain combine les deux textes. Le titre « étudiant » relève du CESEDA, et le titre « salarié » relève de cet accord franco-marocain. Votre employeur dépose d'abord l'autorisation de travail sur l'ANEF.

Vous profitez aussi des règles du droit commun pour les diplômés. Avec un master obtenu dans l'année, un emploi lié à votre formation et un salaire d'au moins 1,5 SMIC, la situation de l'emploi ne vous sera pas opposée. Ce seuil vaut 2 800,53 € brut par mois depuis le 1er juin 2026.

Sans contrat à la fin de vos études, la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » du CESEDA vous reste ouverte. Notre article sur la carte recherche d'emploi en présente les conditions. Pour les étapes du dossier, voyez notre guide du changement de statut étudiant vers salarié.

Déposez votre demande entre quatre et deux mois avant la fin de votre titre. Une première carte « salarié » coûte 350 € depuis le 1er mai 2026, comme le détaille notre article sur le prix du titre de séjour.

Talent, entrepreneur, famille : le droit commun

L'accord ne dit rien des profils qualifiés ou des créateurs d'entreprise. Un Marocain peut donc demander la carte « talent » ou la carte « entrepreneur » aux conditions du CESEDA.

Pour la famille, l'accord protège surtout l'accès à l'emploi. Le conjoint et les enfants mineurs d'un salarié, venus par regroupement familial, travaillent sans que la situation de l'emploi leur soit opposée. Les autres règles familiales suivent le droit commun.

Le regroupement familial lui-même relève donc du CESEDA. Vous devez résider en France depuis au moins 18 mois avec un titre régulier. Il faut aussi des ressources stables, au moins égales au SMIC pour une famille de deux ou trois personnes. Enfin, votre logement doit convenir à une famille comparable de la même région.

De même, le conjoint d'un Français obtient une carte « vie privée et familiale » aux conditions du droit commun. Après trois ans de mariage, il peut viser la carte de résident.

Régularisation : ce que les juges ont tranché

Le Conseil d'État a jugé le 31 janvier 2014 qu'un Marocain ne peut invoquer l'admission exceptionnelle pour un titre « salarié ». L'accord règle en effet ce titre. Toutefois, le préfet garde un pouvoir discrétionnaire de régularisation. Il apprécie alors votre situation personnelle et professionnelle.

En revanche, l'admission exceptionnelle pour motif familial ou humanitaire reste ouverte. Notre article sur l'admission exceptionnelle au séjour en présente les critères.

Enfin, un avis du Conseil d'État du 13 novembre 2025 précise un autre point. Le préfet peut refuser la carte « salarié » à un Marocain condamné pour faux documents, en application du CESEDA.

Quand consulter un avocat

Un avocat vérifie si cet accord franco-marocain vous offre une voie plus rapide, notamment pour la carte de dix ans. Il contrôle aussi la durée de votre contrat et le niveau de votre salaire. En cas de refus, notre article sur le refus de titre de séjour présente les recours.

Un avocat en droit des étrangers vous répond en 20 minutes. Les règles générales figurent aussi sur la fiche changement de statut de service-public.

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