Travailleur temporaire à salarié : du CDD au CDI, le titre à changer
Votre CDD devient un CDI ? Le passage de travailleur temporaire à salarié exige une nouvelle autorisation de travail. Il ouvre ensuite la carte pluriannuelle, avec ses conditions.
Vous travaillez en France en CDD, avec une carte « travailleur temporaire ». Votre employeur vous propose enfin un CDI ? C'est une bonne nouvelle, mais votre titre ne suit pas tout seul. Un avocat vérifie votre dossier en 20 minutes sur Avocat20min.fr.
De travailleur temporaire à salarié : deux cartes différentes
Le CESEDA distingue deux cartes de travail. Elles se ressemblent, pourtant leurs effets diffèrent beaucoup.
| Point | Carte « travailleur temporaire » | Carte « salarié » |
|---|---|---|
| Contrat | CDD ou détachement | CDI |
| Base légale | Article L.421-3 du CESEDA | Article L.421-1 du CESEDA |
| Durée | Celle du contrat, 1 an au plus | 1 an |
| Carte pluriannuelle ensuite | Non, pour le même motif | Oui, sous conditions |
| Perte involontaire d'emploi | Peu de protection | Renouvellement possible |
Ainsi, le passage de travailleur temporaire à salarié change votre horizon. Il vous ouvre la voie d'un titre long, puis de la carte de résident.
Pourquoi changer de carte ?
La carte « travailleur temporaire » reste liée à un contrat précis. À la fin du CDD, vous devez justifier d'un nouveau contrat pour la renouveler. En revanche, elle ne mène jamais à la carte pluriannuelle pour le même motif.
La carte « salarié », elle, offre plus de stabilité. Après un an, vous pouvez demander une carte pluriannuelle. Par ailleurs, en cas de perte involontaire d'emploi, la préfecture peut la renouveler pendant vos droits au chômage.
Une nouvelle autorisation de travail
Le passage de travailleur temporaire à salarié commence chez l'employeur. Celui-ci dépose une nouvelle autorisation de travail pour le CDI. Il la demande uniquement en ligne, sur l'ANEF.
Cette règle vaut aussi quand votre employeur actuel transforme le CDD en CDI. Tout changement de contrat impose en effet une nouvelle demande. Les plateformes de main-d'œuvre étrangère des préfectures l'instruisent.
L'administration dispose de deux mois pour répondre. Son silence vaut alors refus. Elle examine notamment :
- La situation de l'emploi : métier en tension, ou offre publiée trois semaines chez France Travail sans candidat valable.
- L'employeur : respect de ses obligations sociales et fiscales.
- Le salaire : au moins le SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026, ou le minimum conventionnel.
- Votre profil : un poste en lien avec vos diplômes et votre expérience.
Un métier en tension échappe à l'examen de la situation de l'emploi. La liste en vigueur date d'un arrêté du 21 mai 2025, région par région.
Le changement de statut en préfecture
Une fois l'autorisation accordée, vous demandez la carte « salarié ». Pour un dossier de travailleur temporaire à salarié, la démarche suit le canal indiqué par votre préfecture, le plus souvent l'ANEF.
Le calendrier compte beaucoup. Déposez votre demande entre quatre et deux mois avant l'expiration de votre carte actuelle. Un dossier complet et déposé à temps vous ouvre une attestation de prolongation d'instruction. Notre article sur le récépissé de titre de séjour détaille ce document.
Prévoyez en général les pièces suivantes :
- votre passeport et votre carte actuelle ;
- l'autorisation de travail accordée pour le CDI ;
- le contrat de travail signé ;
- vos derniers bulletins de salaire ;
- un justificatif de domicile récent.
Peut-on commencer le CDI tout de suite ?
La prudence s'impose. Votre carte actuelle couvre seulement le CDD pour lequel on vous l'a délivrée. Commencer le CDI sans nouvelle autorisation revient donc à travailler sans titre adapté.
Les risques restent sérieux. L'employeur encourt cinq ans de prison et 30 000 € d'amende par salarié. Vous risquez, vous, un refus de titre. Mieux vaut donc caler la date de début du CDI sur la réponse de l'administration.
Le Conseil d'État a d'ailleurs relevé un autre problème le 5 mai 2026. L'attestation de décision favorable de l'ANEF ne mentionne pas clairement le droit de travailler. Il a ordonné à l'État de la corriger dans les six mois, soit vers novembre 2026.
Combien coûte le passage ?
Depuis le 1er mai 2026, une première carte coûte en principe 350 € : 300 € de taxe et 50 € de droit de timbre. Le renouvellement coûte ensuite 250 €. Un dépôt tardif ajoute 180 €.
| Démarche | Coût |
|---|---|
| Première carte « salarié » | 350 € |
| Renouvellement | 250 € |
| Dépôt hors délai | 180 € de plus |
Après la carte salarié : la carte pluriannuelle
Après un an en carte « salarié », vous pouvez demander une carte pluriannuelle. Sa durée suit celle de votre contrat, dans la limite de quatre ans. C'est le grand avantage du passage de travailleur temporaire à salarié.
Depuis 2026, cette carte suppose en principe le niveau A2 en français. Il faut aussi réussir l'examen civique, mention « carte pluriannuelle ». Notre guide de l'examen civique fait le point sur l'inscription et les dispenses.
Enfin, après cinq ans de séjour régulier, la carte de résident de 10 ans devient accessible. Elle exige alors le niveau B1.
Et si l'autorisation de travail est refusée ?
Un refus n'efface pas votre carte actuelle. Votre carte « travailleur temporaire » reste valable jusqu'à son terme. Vous pouvez donc continuer votre CDD en cours.
Ensuite, deux pistes s'offrent à vous. Votre employeur peut contester le refus dans les deux mois, par un recours gracieux ou devant le tribunal administratif. Il peut aussi déposer une nouvelle demande, avec un salaire ou un poste mieux adaptés.
À défaut, renouvelez votre carte « travailleur temporaire » avec un nouveau CDD. Le passage de travailleur temporaire à salarié reste alors possible plus tard.
Les erreurs à éviter
Certaines erreurs reviennent dans ces dossiers.
- Signer un nouveau CDD en pensant obtenir la carte « salarié » : seul un CDI y mène.
- Commencer le CDI trop tôt : attendez l'autorisation de travail.
- Changer d'employeur en cours de route : une nouvelle demande devient nécessaire.
- Déposer trop tard : vous perdez l'attestation de prolongation et payez 180 € de plus.
- Négliger le français : préparez le niveau A2 dès la première année.
Quand consulter un avocat
Un avocat sécurise votre passage de travailleur temporaire à salarié. Il vérifie le contrat, le salaire et le calendrier avant le dépôt. En cas de refus, notre article sur le refus de titre de séjour présente les recours.
Un avocat en droit des étrangers vous répond en 20 minutes. Les conditions officielles figurent aussi sur la fiche carte pluriannuelle de service-public.
Questions fréquentes
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